Le spinelle ou la pierre de l’imposture

Le spinelle ou la pierre de l’imposture

Son origine et son histoire

L’origine exacte du nom spinelle est incertaine. Il pourrait provenir du latin spinella qui signifie « petite épine » en référence à la pointe acérée de ses cristaux ou du mot grec spinthes qui veut dire « étincelle ».

Son extraction remonte à l’Antiquité où il était extrait dans des mines du Badakhshan, en Afghanistan. C’est en 1546 que le savant Georg Bauer décrit cette pierre pour la première fois. Quelques années plus tard, en 1581, le spinelle est reconnu comme gemme.

Il faut attendre 1783 pour que le minéralogiste français Jean Baptiste Louis Rome de Lisle lui donne son nom et identifie le spinelle rouge comme une gemme différente du rubis.

En effet, du fait de sa couleur et de son lieu d’extraction, le spinelle rouge a longtemps été confondu avec le rubis. C’est pourquoi certains rubis célèbres se sont finalement révélés être des spinelles.  C’est notamment le cas du fameux Rubis du Prince Noir ornant la couronne d’Angleterre, du rubis de Catherine La Grande serti au sommet de la couronne impériale de Russie ou encore du Côte de Bretagne, pierre taillée en forme de dragon qui était montée sur la Toison d’Or de Louis XV.

Le spécimen le plus ancien date d’un siècle avant notre ère et a été découvert dans une tombe bouddhique en Afghanistan à côté de Kaboul.

Les deux spinelles les plus imposants jamais découverts sont des cristaux octaédriques conservés au British Museum pesant près de 520 carats.

Le spinelle est, par ailleurs, la pierre de naissance du mois d’août, tout comme le péridot. Cette pierre marque également les vingt-deux ans de mariage.

Ses caractéristiques physico-chimiques

Le spinelle est un oxyde d’aluminium et de magnésium. Il cristallise dans le système cubique et se retrouve souvent sous forme octaédrique.
Cette gemme se décline dans une riche gamme de couleurs. Sa variété la plus prisée est d’un rouge avoisinant celui du rubis. Excepté cette nuance, le spinelle existe en bleu, en gris, en violet, en rose, en orange, en noir et bien d’autres encore.
Depuis quelques années, le spinelle « Jedi » qui s’illustre pour sa belle teinte rouge-rosé néon, exploité à Namya au Myanmar, attire toutes les convoitises.

La couleur du spinelle est déterminée par un taux plus ou moins important de chrome, de fer et de vanadium en impuretés.

Par ailleurs, sa dureté est élevée. Elle est de 8 sur l’échelle de Mohs (qui gradue la résistance de la pierre à la rayure sur une échelle allant de 1 à 10).

Ses inclusions

Les spinelles sont pauvres en inclusion. Néanmoins les inclusions gaz-liquide isolées ou assemblées en givres sont assez fréquentes, de même que les inclusions solides d’apatite, de zircon ou de rutile. Ces inclusions de rutile peuvent d’ailleurs générer un astérisme visible lorsque la pierre est taillée en cabochon.  La lumière est alors réfléchie par les aiguilles de rutile révélant ainsi une chatoyance en étoile.

Ses provenances

Les spinelles sont souvent associés aux corindons (famille des saphirs et rubis) dans les gisements alluvionnaires. Le Myanmar est réputé pour l’abondance et la qualité de ses spinelles rouges. Le Tadjikistan fournit de beaux spinelles roses.
Les gisements du Badakshan en Afghanistan seraient la source des grands spinelles historiques. Le Sri Lanka, la Tanzanie, Madagascar, le Vietnam et le Pakistan sont également des pays connus dans l’exploitation de cette gemme.

Une pierre d’avenir

Actuellement, la valeur du spinelle ne cesse de croître. Son incroyable éclat, sa dureté, sa transparence et sa large palette de couleurs font de lui une pierre hautement désirable.

Spinelle

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